Thomas Blavet, Anaïs Cheneau et Aimée Kingsada, membres de l’équipe de la Chaire, exposeront leurs travaux lors des Journées de Microéconomie Appliquée (JMA) à Lille les 6 et 7 juin.

 

Thomas Blavet, post-doctorant à la Chaire Aging UP! présentera son article “Sélection adverse, probabilités auto-déclarées et souscription à une assurance dépendance aux Etats-Unis”.

Une grande partie de la population des États-Unis doit souscrire une assurance dépendance pour financer les dépenses liées aux soins de longue durée. Cependant, le recours à l’assurance dépendance est actuellement très limité, ce qui suggère que certaines personnes ont tendance à sous-estimer leurs besoins futurs en matière de services de soins de longue durée (SLD). Cet article étudie la corrélation entre l’information privée ex-ante des individus et la souscription d’une assurance dépendance. Nous utilisons les 12 dernières vagues de l’enquête Health and Retirement Study, couvrant la période 1996-2018, et limitons notre échantillon aux personnes âgées de 65 à 75 ans. Nous analysons la présence d’une sélection adverse sur le marché de l’assurance dépendance en utilisant les probabilités auto-déclarées de survie et d’entrée en maison de retraite.

Pour trois groupes de mauvaise perception de l’espérance de vie (cohérents, écarts négatifs et positifs), nous estimons la corrélation entre les probabilités autodéclarées et le recours à l’assurance dépendance à l’aide de modèles de probabilités linéaires à effets aléatoires. Nous constatons que les personnes qui déclarent une probabilité d’être en vie assez proche des probabilités objectives sont plus susceptibles de souscrire une assurance dépendance lorsque leurs deux probabilités autodéclarées augmentent.

Nos résultats mettent en évidence la sélection adverse sur le marché de l’assurance dépendance et la nécessité éventuelle de modifier les contrats pour accroître la couverture de la population.

 

 

Anaïs Cheneau, post-doctorante à la Chaire, présentera son article intitulé “New estimate of the value of informal care in France based on the care Utility fonction”.

Objectives: In Alzheimer’s disease (AD), informal care represents more than 80% of total care used when patients are living in the community (Paraponaris and Davin, 2015; Rapp et al., 2011). Therefore, an accurate valuation of informal caregiving is needed to obtain the true cost of AD (Jonsson and Wimo, 2009). Most articles that tried to estimate the cost of AD rely on the so-called ‘replacement’ methodology to value informal caregiving (Costa et al., 2012). As most informal caregivers in AD are retired spouses or unemployed people, there is no market value for their time. The replacement methodology consists in replacing the cost of informal caregiving by the cost of an activity that has been valued by a labor market, usually maid (unskilled) services. It is widely used because of its simplicity but relies on the strong (and potentially flawed) assumption that an hour of informal care has the same value as an hour of maid services. Little attention has been dedicated to explore the validity of the ‘replacement assumption’. Consequently, there is need to further examine the relevancy of the assumption that one hour of maid services is a valid proxy hour of informal care. In this paper, we explore the validity of the replacement assumption using an original methodology.

 

Methods: In this paper, we determine the relationship between the price of informal caregiving and the price of professional care from the first-order condition of a theoretical model that maximizes informal caregivers’ satisfaction with providing informal care. We then estimate this price using quality of life and well-being data. Our sample consisted of 1131 patients diagnosed with mild to moderate AD. Patients were recruited between June 2003 and July 2005 from 50 French memory clinics.

 

Results: We find that the value of informal care is 18% higher than the value of formal care. According to that result, the total cost for informal care of AD patients in France is estimated to be €4.2 billion per year.

 

Discussion: Our result shows that the replacement methodology leads to underestimate the price of informal caregiving, mainly because it does not control for the burden of care associated with informal caregiving provision. In France, this means that one hour of informal caregiving should be valued around €14, not €12 as found in previous research (Paraponaris and Davin, 2015 ; Gerves-Pinquie et al., 2014). Our results support the idea of considering informal caregivers’ preferences in the informal care valuation process.

 

 

Aimée Kingsada, post-doctorante à la Chaire Aging UP!, présentera son article sur “L’impact des besoins non satisfaits en soins formels sur le risque de chute des personnes fragiles en Europe”, co-écrit avec John McHugh (Columbia University) chercheur associé à la Chaire, Jonathan Sicsic (Université Paris Cité) directeur scientifique et Thomas Rapp (Université Paris Cité) titulaire de la Chaire Aging UP!

L’impact des besoins non satisfaits en soins formels sur le risque de chute des personnes fragiles en Europe“.

Les personnes âgées fragiles sont plus susceptibles de faire des chutes et peuvent avoir besoin des besoins de soins de longue durée. Malgré cela, elles peuvent ne pas remplir les conditions requises pour bénéficier d’une aide financière publique, car les critères d’éligibilité à l’aide sont souvent basés sur des critères d’invalidité tels que les limitations physiques.

Dans cette étude, nous examinons comment les besoins non satisfaits en matière de soins formels affectent le risque de chutes chez les personnes âgées fragiles. Nous avons utilisé les données longitudinales de l’enquête sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe (SHARE) et employé des modèles à doubles effets fixes.

Nos résultats montrent que, pour une personne fragile donnée, le fait de ne pas satisfaire ses besoins en soins formels pour les activités de la vie quotidienne (AVQ) entraîne une augmentation de 20 points de pourcentage (pp) du risque de chute, et le fait de ne pas satisfaire ses besoins en soins formels pour les activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ) entraîne une augmentation de 10 pp du risque de chute. Nos résultats sont robustes aux biais de sélection et cohérents dans toutes les analyses de sensibilité et les analyses hétérogènes.

 

Pour consulter le programme des 40e Journées de Microéconomie Appliquée