Les Français sont-ils prêts à faire plus de prévention ? Et si oui, à quelles conditions ? Quels sont les ressorts qui favorisent l’adhésion à des programmes de maintien en bonne santé et quels facteurs, au contraire, découragent l’engagement ?
Dans l’article en cours « Analyse des préférences des Français pour des programmes de prévention de la perte d’autonomie », co-écrit par Aimée Kingsada, Isabel Cavalli, Jonathan Sicsic et Thomas Rapp, nous étudions les préférences des adultes français âgés de 40 à 59 ans pour des programmes visant à promouvoir le vieillissement en bonne santé, à partir du volet Prévention et innovation de l’enquête Aging UP! mené à l’automne 2025.
L’étude repose sur une expérience de choix discret auprès de 1 526 participants représentatifs de la population française. Elle permet d’évaluer comment les individus arbitrent entre différentes caractéristiques des programmes : durée, organisation, suivi, effort demandé en activité physique et alimentation, et coût mensuel, tout en tenant compte des facteurs socio-économiques, des comportements et habitudes en matière de santé.
Nos résultats mettent en évidence plusieurs déterminants importants de la participation :
- Les programmes plus longs et plus exigeants en termes de changements de mode de vie réduisent la probabilité de participation ;
- Les Français préfèrent les programmes individualisés aux ateliers en groupe ;
- Les modalités de suivi à distance (applications ou téléconsultations) favorisent la participation ;
- Le coût du programme reste le facteur qui réduit le plus fortement la participation ;
- Les caractéristiques socio-économiques, notamment l’âge, le revenu et la situation professionnelle, influencent également la participation.
Les individus seraient prêts à dépenser une somme modeste (environ 6,50 € par mois en moyenne) pour suivre un programme de prévention personnalisé plutôt qu’un programme en groupe. Ils plébiscitent également les formats courts, et n’accepteraient des programmes plus exigeants — plus longs, plus intenses physiquement, ou impliquant des changements alimentaires plus stricts — qu’en contrepartie d’un soutien financier.
Ces premiers résultats suggèrent plusieurs leviers (personnalisation, flexibilité, accessibilité financière) pour améliorer la participation aux programmes de prévention et renforcer l’efficacité des dispositifs de prévention et de promotion de la santé.
Plus d’informations sur la page dédiée à l’enquête.